Le « Scan-to-BIM » sonne comme un bouton magique. En réalité, c’est un travail de modélisation rigoureux, où le nuage de points sert de vérité terrain sur laquelle on reconstruit une maquette intelligente.
Étape 1 — Le nuage géoréférencé
Tout part d’un nuage de points propre : recalé, nettoyé des parasites (passants, véhicules, réflexions) et géoréférencé. Un mauvais nuage condamne toute la suite.
Étape 2 — La modélisation
On reconstruit dans Revit ou ArchiCAD les éléments réels : murs, dalles, poteaux, menuiseries, réseaux. Chaque objet est calé sur le nuage, pas dessiné « à peu près ».
Comprendre les niveaux de détail (LOD)
Le LOD définit jusqu’où on modélise. C’est le curseur prix / précision le plus important du projet.
- LOD 200 — volumes génériques. Idéal pour une étude de faisabilité.
- LOD 300 — géométrie fidèle et dimensions exactes. Le standard pour la conception et le permis.
- LOD 350 / 400 — interfaces entre éléments, détails de fabrication. Pour l’exécution et la préfabrication.
Demander du LOD 400 partout « pour être tranquille » fait exploser le budget sans servir le projet. Le bon réflexe : adapter le LOD pièce par pièce.
Les pièges classiques
- Modéliser ce qui ne sera jamais utilisé — chaque objet coûte. On modélise selon l’usage, pas par perfectionnisme.
- Oublier la tolérance du bâti ancien — un mur créole n’est ni droit ni d’aplomb. La maquette doit refléter le réel, pas l’idéaliser.
- Perdre le lien au nuage — garder le nuage attaché à la maquette permet de vérifier et de re-modéliser plus tard.
Le livrable
Au final : une maquette IFC ouverte, exploitable par tous les corps d’état, plus les plans 2D, coupes et façades extraits automatiquement. La donnée terrain devient un actif réutilisable pour toute la vie du bâtiment.
Un projet de réhabilitation ou d’extension en vue ? Parlons-en.